Trois sous-arbrisseaux gracieux
Leycesteria formosa
Formosus veut dire beau en latin et voici effectivement une beauté étonnante qui nous vient de l’Himalaya et du SW de la Chine. Il s’agit s’un sous-abrisseau (entre une plante vivace et un arbuste) qui atteint 1.50m de haut dans l’année. Ses tiges creuses sont joliment arquées avec de belles feuilles vertes sur le dessus. Les racèmes des fleurs pendent gracieusement en dessous. Les fleurs en clochettes sont blanches et ressemblent à des fleurs de chèvrefeuille, famille à laquelle Leycesteria appartient. On parle d’ailleurs parfois de chèvrefeuille de l’Himalaya.
La caractéristique la plus voyante sont les racèmes rouge vineux qui surmontent les fleurs et durent des mois. Des baies rouges, virant au noir, apparaissent ensuite. Elles sont très prisées par les oiseaux et apparemment particulièrement par les faisans, d’où le nom commun d’arbre aux faisans. Les oiseaux disséminent les semences et j’ai trouvé des semis à 100 mètres de ma plante. Leycesteria est d’ailleurs qualifié d’invasif sur le continent austral. Les baies mures (noires) sont comestibles et couramment utilisées en médecine chinoise. Nous les laissons aux faisans…
L’emplacement de choix est mi-ombre mais ma plante prospère plein sud. Le nature du sol importe peu mais une humidité suffisante est requise. La plante est rustique jusqu’à -15°C même si elle gèle parfois jusqu’à la souche. Une bonne taille à la sortie de l’hiver et elle repart.
Les longues branches arquées font sensation dans les compositions florales, surtout à partir d’octobre quand les feuilles se colorent de pourpre. Vous pourrez trouver un cultivar à feuilles dorées: ‘Golden Lanterns’.
Lespedeza thunbergii
Arrivé lui aussi de Chine, du Japon et de Corée, le Lespedeza ajoute une note de grâce aux parterres d’automne. Au printemps on taille la plante à la base. Elle émet alors des tiges, longues de 2m parfois, qui retombent en fontaine. Elles portent des racèmes de petites fleurs violettes bilabiées qui ressemblent à des fleurs de petits pois. Il n’est pas étonnant que ceci inscrit la plante dans la grande famille des légumineuses.
Les petites feuilles vert-gris sont duveteuses et trilobées comme les feuilles de trèfle. Ceci a produit le nom vernaculaire assez absurde de trèfle en arbre puisqu’il ne s’agit pas d’un trèfle et encore moins d’un arbre.
Si le type est violacé, on peut trouver un petit nombre de cultivars dont le joli bicolore ‘Edo Shibori’ et ‘White Fountain’ tout blanc. Ce ne sont toutefois pas des plantes très courantes.
Fixant lui-même l’azote, cet arbuste n’est pas exigeant en matière de sol. Il supporte le soleil et la mi-ombre. Les parties aériennes meurent en hiver mais la souche, une fois bien installée, est résistante au gel. Vu que la floraison se fait sur le bois de l’année on taillera sans crainte au début du printemps. Choisissez un emplacement qui mette en valeur l’aspect cascadant de cette beauté; un talus, une barrière ou l’arrière d’une haie basse par exemple.
Fuchsia magellanica
L’arbuste le plus enchanteur pour sa grâce et sa très longue floraison est à mon sens le fuchsia de Magellan. Peu à peu j’en ai rempli les parterres qui vibrent d’un ton chaud de juillet à novembre. Si la grande majorité des fuchsias sont gélifs, surtout ceux à grandes fleurs, cette espèce à clochettes fines sort du lot. Comme son nom l’indique, elle est originaire du détroit de Magellan où le climat est fort rude. On la trouve à l’état sauvage en bord de mer et sur les pourtours des lacs du sud du Chili et de l’Argentine.
Il y a quelques similitudes avec les deux sous-arbrisseaux précédents: à moins que l’hiver n’ait été très clément, ce fuchsia doit être taillé à la souche au printemps. Il projette alors de belles tiges délicatement arquées sous lesquelles pendent une masse de clochettes fuchsia et violet. ‘Riccartonii’ est un des cultivars les plus vendus, à feuillage vert. ‘Versicolor’ a un feuillage délicat qui passe de tons de rose au gris. ‘Aurea’ est vraiment doré et très impactant, au détriment peut-être des fleurs.
Il y a enfin la version albinos ‘Alba’ qui ressemble au type que l’on aurait passé à l’eau de javel. Elle est particulièrement gracieuse et se marie merveilleusement aux roses et aux asters.
Toutes mes plantes proviennent de divisions ou de boutures car, comme tous les fuchsias, ceux-ci se bouturent très facilement. Fin août, début septembre serait le moment propice mais on peut encore essayer tant qu’il n’a pas gelé.
Si, comme moi, vous cherchez à réduire le travail dans les parterres en remplaçant progressivement les vivaces par des arbustes, ces trois propositions garantiront un spectacle raffiné pour toute l’arrière saison.