Deux arbustes cascadants: Stephanandra et Neillia
Ayant observé certaines similitudes entre Stephandra et Neillia, que je cultive tous deux dans mon jardin et qui fleurissent en ce moment, j’avais décidé de présenter les deux ensemble. Quelle ne fut pas ma surprise, en faisant quelques recherches, d’apprendre que le premier genre était désormais englobé dans le second. Le terrain botanique est décidément mouvant! J’utiliserai malgré tout le nom Stephanandra qui est mieux connu.
Pour les experts il y a plus de subtilités, mais pour le jardinier amateur les choix sont heureusement limités.
Pour les Stephanandra, c’est facile: il y a un petit, un moyen et un plus grand. Observons d’abord les feuilles: S. incisa (1ère photo) a d’assez petites feuilles joliment lobées et incisées et disposées régulièrement de part et d’autre des rameaux. Le cultivar S. incisa ‘Crispa’, le plus petit, a une feuille plus petite et froissée. Le stéphanandra de Tanaka, S. tanakae a une forme de feuille très caractéristique, avec 2 lobes plus marqués et un bord à dentelures irrégulières. La dernière feuille, assez semblable, est celle de Neillia affinis. Les plus avertis verront peut-être une ressemblance avec les Physocarpus. A juste titre car la parenté est proche.
Le petit ‘Crispa’ pousse comme une fontaine, les rameaux souples retombant les uns sur les autres jusqu’au sol. Un monticule se forme naturellement et peut atteindre 1 mètre de haut au fil du temps. La taille est inutile, ce qui facilite la vie. De toutes petites fleurs blanc cassé apparaissent de mi-mai à mi-juin. Si elles ne sont pas spectaculaires, l’effet d’ensemble est plaisant. De plus, le format réduit des fleurs a pour avantage qu’elles s’abîment moins avec la pluie, avantage non négligeable en cas de printemps aussi mouillé que ce printemps 2024…
Stephanandra tanakae, originaire du Japon, a été nommé pour M. Tanaka, un grand botaniste japonais. L’arbuste y pousse dans des conditions rudes, y compris en montagne. Il résiste aux gels sévères et n’a pas d’exigence particulière en matière de sol. Le port est tout aussi cascadant mais le développement est plus important: 2 mètres en tous sens. Les panicules de fleurs sont également plus grandes.
Les longs rameaux souples et arqués sont très appréciés pour les compositions florales, non seulement au moment de la floraison, mais aussi à l’automne.
Les Stephanandra prennent effectivement de belles couleurs automnales dorées et même rouges chez ‘Crispa’.
Ces plantes gracieuses peuvent se planter devant d’autres arbustes au port érigé ou en bordure de chemin. Les plus basses sont idéales en couvre-sol, pour couvrir un talus ou former une haie basse le long d’un passage. On peut les envisager comme alternative au buis. Bien que caduc, l’enchevêtrement des rameaux acajou en hiver a son élégance.
Les Neillia sont malheureusement beaucoup moins présents dans nos jardins. Contrairement aux précédents, la floraison des deux espèces les plus courantes, N. affinis et N. thibetica, est rose. Les petites fleurs disposées sur de longs racèmes, sont nectarifères et attirent les abeilles.
En français, on parle parfois de fausse spirée du Thibet et il y a effectivement quelques ressemblances entre ces deux genres.
Ce bel arbuste est également parfaitement rustique et très adaptable. Il vaut mieux envisager un achat en ligne car rares ont les pépinières qui le proposent. La bonne nouvelle est que les Neillia drageonnent, permettant d’augmenter aisément son stock. Votre achat sera vite ammorti!